Après la pluie, la sécheresse n’est pas forcément terminée
« Après la pluie, la sécheresse n’est pas forcément terminée. »
C’est la première phrase d’un post récent d’Yves Tramblay, qui rappelle que le retour des précipitations n’indique pas nécessairement la fin immédiate de la sécheresse hydrologique.
J’ai voulu illustrer ce décalage avec les données disponibles pour deux bassins versants différents : la Vire à Saint-Lô, dont les débits réagissent relativement rapidement aux précipitations, et l’Epte à Fourges, un bassin moins réactif, fortement influencé par la nappe de la craie du Vexin.
La figure ci-dessous montre comment les débits ont baissé puis sont remontés lors de la sécheresse historique de 1976, en comparaison avec la climatologie, ainsi que la situation actuelle.

Deux bassins, deux réponses
🌊 La Vire : une réponse relativement rapide
Sur la Vire, les premières pluies dépassant 1 mm apparaissent le 24 août 1976.
Il faut ensuite 73 mm de pluie cumulée pour que le débit journalier repasse au-dessus de sa « médiane climatologique », le 12 septembre, soit 19 jours après les premières pluies.
💧 L’Epte : une réponse beaucoup plus lente
Sur l’Epte, la réponse est très différente.
Les premières pluies dépassant 1 mm apparaissent le 29 août 1976, mais le débit ne repasse au-dessus de sa médiane que le 2 décembre, soit un délai de 95 jours.
Entre ces deux dates, 242 mm de pluie sont tombés.
Pourquoi une telle différence ?
La pluie qui tombe n’est pas immédiatement disponible pour les rivières. Une partie est interceptée par la végétation, une autre s’infiltre dans les sols et peut contribuer à reconstituer les réserves souterraines. Lorsque les sols et les aquifères sont fortement déficitaires, une partie importante des précipitations peut d’abord servir à reconstituer ces réserves avant de se traduire par une remontée durable des débits.
La fin de la sécheresse météorologique et la fin de la sécheresse hydrologique peuvent ainsi être très décalées dans le temps. Ce décalage dépend fortement du fonctionnement du bassin versant. Une pluie de quelques jours peut mettre fin à la sécheresse météorologique sans pour autant reconstituer immédiatement les ressources en eau.
À suivre en 2026
C’est précisément ce décalage qu’il sera intéressant de suivre dans les prochaines semaines : les cumuls de précipitations, les débits et la piézométrie ne racontent pas nécessairement la même histoire, au même moment.
À vos souris pour suivre, dans les jours et semaines à venir, les cumuls de précipitations, les débits et la piézométrie de vos régions d’intérêt !